15/01/2020

Yanice Djae

Entretien avec Yanice Djae, un des danseurs de Näss (les gens)



Peux-tu nous parler de ton parcours ? Comment es-tu devenu danseur professionnel dans la compagnie Massala ?
J’ai commencé avec un cours d’AS danse pendant deux ans, avant de m’inscrire au conservatoire de ma ville, où j’ai pris des cours de hip-hop pendant deux ans avec Fouad Boussouf. Quand il est parti du conservatoire, je me suis désinscrit aussi pour continuer à me former avec lui. Il y a quatre ans environ, on a créé un duo avec Sébastien Vague, The Elem’ants, de danse hip hop mélangé à du contemporain, avec des portés, etc…  c’est avec ce spectacle que j’ai commencé à devenir danseur professionnel. L’année dernière, Fouad cherchait un doublon pour Näss parce que l’un de ses danseurs devait se faire remplacer. J’ai passé les auditions, et c’est comme ça que je suis rentré officiellement dans la compagnie Massala.

A quoi ressemble la vie d’un danseur professionnel ? Combien d’heures par semaine passes-tu à t’entrainer ?
Ça dépend des semaines. Ça peut monter jusqu’à 35h pour des semaines de résidence, mais tu as aussi des semaines où t’es en vacances, où t’as rien du tout, tu peux avoir des rôles à préparer… Tout dépend de ton programme. On travaille par intermittence, ça dépend vraiment des moments, des projets, etc…

Ça passe parfois par des moments très durs, et c’est beaucoup de travail, mais c’est aussi beaucoup de rencontres tous les jours, de gens parfois supers. Et tu peux voyager, donc ce métier est aussi très cool.

Peux-tu nous dire quelques mots sur le spectacle Näss (les gens) ? Quelles sont ses origines, ses caractéristiques ?
Fouad Boussouf a fait une résidence au Maroc avec tous les danseurs du spectacle, et c’est là-bas que s’est faite toute la création.

C’est un spectacle de danse hip hop contemporaine, mélangée avec des danses folkloriques du Maroc, notamment quand on tape du pied (et on tape beaucoup du pied), c’est comme des percussions, cela vient des danses gnawa. C’est un spectacle qui cherche à représenter la communauté, la population qu’on peut retrouver en Afrique de Nord dans la rue, les habitudes de la rue… C’est pour ça qu’il n’y a que des hommes sur scène, parce que généralement quand tu te ballades là-bas, il y a que des hommes qui trainent dans les rues.

Que voudrais-tu transmettre aux lycéens dans les ateliers que tu mènes avec eux ? Avec quels éléments du spectacle travailles-tu ? Qu’est-ce que la danse peut leur apporter dans leur formation professionnelle ?
Pour commencer, j’essaye de leur faire comprendre le rythme avec la musique, parce que c’est vraiment très important dans la pièce. J’aimerais qu’ils comprennent le concept de la pièce, qu’ils comprennent les rythmes, les énergies, les différents états de corps… Dans cette pièce, on est beaucoup dans le relâché du corps, et j’aimerais aussi leur faire comprendre ça, d’être détendu quand ils dansent.

Peut-être qu’au premier abord, ils peuvent penser que la danse ne leur apporte pas grand-chose, mais moi, ça m’a aidé à devenir un peu plus rigoureux, plus sérieux, et plus régulier dans ce que je fais. Si je pouvais leur transmettre ça, ce serait bien. Etre concentré, sérieux, rigoureux, être à l’écoute des autres aussi, c’est super important dans la vie, et pas seulement quand on danse !

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