20/02/2019

Interview de Guillaume Thomas, régisseur son et vidéo du Théâtre




Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Guillaume Thomas, j’ai 39 ans et je suis régisseur son et vidéo au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Quel a été votre parcours ?
J’ai fait un bac STI 3, technologique électrotechnique, que j’ai eu en 1998. Ensuite, je suis passé par le BTS audiovisuel option son à Boulogne-Billancourt, de 1998 à 2000. A l’époque, il y avait peu de BTS audiovisuel, il y en avait 5, j’avais travaillé dur au Lycée pour être accepté, c’était sur dossier et sur entretien. Je venais de Rennes, j’ai déménagé pour venir m’installer en région parisienne et j’y suis resté pour le travail.
Après avoir fait ce BTS axé sur le son à l’image, j’ai été engagé comme assistant dans un studio d’enregistrement où j’avais fait un stage. J’y ai travaillé comme assistant pendant deux ans, puis j’ai fait des séances d’enregistrement comme ingénieur, tout en étant assistant sur d’autres, puis petit à petit je suis devenu ingénieur du son. En studio, j’ai rencontré beaucoup de monde. Les artistes avec qui je travaillais ont souhaité m’amener avec eux en tournée, sur leurs concerts. J’en ai fait beaucoup, pendant 15 ans, jusqu’en 2016.
A ce moment-là, j’ai eu des enfants et j’ai souhaité arrêter d’être tout le temps sur les routes pour travailler dans des théâtres près de chez moi. J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé quarante salles, il y en a deux ou trois qui ont répondu et j’ai commencé à travailler comme intermittent dans ces lieux, notamment ici à Saint-Quentin-en-Yvelines. Quand le poste de régisseur son s’est libéré, j’ai postulé et j’ai été engagé, en septembre 2018.

Pourquoi avoir choisi ces métiers-là autour du son ?
Mon envie, adolescent, était de faire du son avec mes amis dans des groupes. Au Lycée, quand s’est posée la question de savoir ce que je voulais faire de ma vie, la seule chose qui me passionnait c’était la musique et le son. J’ai trouvé ce BTS audiovisuel qui était à l’époque une des seules écoles de son publiques, mes parents ne pouvaient pas se permettre de me payer une école privée. A partir de la 2nde, j’ai mis tous mes efforts dans les études parce que je savais qu’il y avait peu de places et qu’il fallait un bon dossier pour y entrer. Mais l’envie de départ c’était faire de la musique avec mes amis, c’était ma passion. C’est un métier de passion.

Que préférez-vous dans votre métier et qu’est-ce qui est le plus
difficile ?

Ça a un peu changé parce que pendant longtemps quand je faisais de la tournée ce que je préférais c’était de faire en sorte que le son soit beau et agréable à l’oreille, donc travailler le son. Maintenant, comme j’accueille les compagnies, je fais moins de création de son. Aujourd’hui ce que j’aime dans ce métier, c’est que le son soit le meilleur possible dans notre lieu et aussi faire en sorte que les compagnies se sentent bien, les accueillir au mieux. J’aime pouvoir rapidement répondre aux demandes, que ce soit fluide et que les compagnies repartent du Théâtre heureuses.
Ce qui est le plus difficile est de ne pas voir la lumière du jour. C’est vraiment ce qui me manque. Les horaires peuvent aussi être durs avec des semaines à quarante-huit heures et des plannings qui varient de semaine en semaine. C’est parfois difficile à concilier avec une vie de famille.

Pourriez-vous présenter votre travail en tant que régisseur son et vidéo au Théâtre ?
Mon travail de régisseur son et vidéo est de faire en sorte que les spectacles se déroulent de la meilleure façon possible au niveau du son et de la vidéo. Cela consiste à examiner les demandes techniques des compagnies et de les comparer avec les moyens techniques dont on dispose ici. Si nos moyens techniques ne correspondent pas, on envisage des locations ou des prêts de matériel. Ensuite, on anticipe le planning de montage et d’exploitation lors de la venue de la compagnie. Il faut prévoir les éventuels problèmes qui peuvent se présenter et leurs solutions. Mon objectif est que tout se passe le mieux possible.

A quoi ressemble une semaine de travail comme celle qui vient de s’écouler avec l’accueil de Joueurs, Mao II, Les Noms ?
C’était une semaine chargée pour nous, c’était le plus gros spectacle de l’année. Comme je suis seul en son et vidéo, on fait appel à des intermittents. Là on était une équipe de quatre régisseurs et un stagiaire qui nous a bien aidés. Le mardi, on a fait un pré-montage, on a installé tout le matériel du Théâtre qui allait servir pour le spectacle. Le mercredi a eu lieu le montage, c'est-à-dire l’installation du matériel avec les techniciens de la compagnie. Le jeudi et le vendredi étaient des temps de répétition et de raccords. La représentation du samedi a duré 10 heures, et nous avons démonté le dimanche.
En termes techniques, nous avons dû louer sur ce spectacle un peu de matériel son, notamment des enceintes de sub pour les basses et des systèmes d’intercommunication sans fils. Il y avait une grosse demande : il fallait 24 postes sans fils et le Théâtre n’en dispose que de 8. On avait loué aussi beaucoup de matériel vidéo pour envoyer un signal vidéo dans les espaces publics afin que les gens qui sortent se restaurer puissent continuer à voir le spectacle.
Il y avait avec nous trois techniciens son de la compagnie accueillie : un régisseur son façade, un régisseur son retour et un assistant son. La façade, c’est le son pour le public. Le régisseur façade est placé en salle, avec le public, pour entendre le son comme les spectateurs l’entendent. Le retour, c’est le son pour les artistes, les comédiens ou les musiciens sur le plateau. Le régisseur retour est placé sur le plateau, au plus près des artistes dont il s’occupe.

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