16/04/2019

Joce Mienniel

Portrait du compositeur de La Grande table



En quelques mots, qui êtes-vous Joce Mienniel ?
Ancien cuisinier de formation, je suis flûtiste et compositeur depuis maintenant plus de 20 ans. J’ai monté ma compagnie Drugstore Malone il y a 8 ans pour porter nombre de projets qui me tiennent à cœur, à la croisée de plusieurs mondes artistiques, musicaux, visuels et gustatifs, le plus souvent immersifs. 

Pourquoi avoir fait le choix de devenir musicien ?
J’ai décidé à l’âge de 10 ans, après avoir entendu Jean-Pierre Rampal jouer le Concerto pour flûte et harpe de Mozart dans ma ville d’enfance de Rouen, d’embrasser cet instrument qui m’a totalement fasciné par le son qu’il émettait et la magie de l’histoire qu’il racontait. Au fur et à mesure des années, après avoir fait le choix de devenir chef de cuisine, je me suis aperçu qu’il me manquait un terrain de créativité et de rêve que je trouvais plus facilement avec la musique. C’est tout naturellement que j’ai repris des études de musique en allant jusqu’au Conservatoire supérieur de musique de Paris, d’où je suis sorti avec un premier prix. À partir de là, j’ai découvert l’envergure du répertoire que je pouvais aborder grâce à cet instrument vieux comme l’histoire de l’humanité et qui me permet aujourd’hui d’aller à la rencontre de toutes les musiques et de toutes les cultures du monde.

Qu’est-ce que la compagnie Drugstore Malone, et quels sont ses projets ?
C’est un formidable laboratoire artistique pour moi, mais aussi une formidable pépinière d’artistes. J’y crée des projets très divers, allant de la forme « seul en scène », comme mon spectacle Dans la forêt avec de la vidéo, jusqu’au symphonique de poche Rayon vert, réunissant 15 musiciens autour d’un poème musical que j’ai écrit sur le thème de la mer et que je vais créer l’an prochain.

Pouvez-vous nous parler de La Grande table et des origines de ce concert gastronomique ?
J’ai imaginé ce concert gastronomique en demandant à un chef et à un compositeur de concevoir un menu à quatre mains. Le résultat est mis en scène devant une grande table de 50 personnes et un orchestre qui joue dans une cuisine aménagée pour l’occasion, mais on pourrait tout aussi bien dire que les cuisiniers, qui dressent les assiettes face au public, sont sur scène eux-mêmes. J’aime beaucoup l’ambiance qu’il y a et j’apparente cela à une forme de ballet. Je pense aussi que les mondes artistiques ne se mélangent pas assez et ne se rencontrent pas suffisamment pour créer, échanger et réfléchir ensemble à une œuvre commune.

L’expérience était-elle différente puisqu’elle se déroulait dans un Lycée hôtelier ?
Oui et non, car il peut y avoir un décalage lorsqu’un Théâtre recrée un restaurant sur une scène de spectacle, mais c’est la même chose avec une école de cuisine qui se trouve envahie par un plateau musical. Les trois jours passés au Lycée hôtelier ont été une source de curiosité rare pour les élèves.

Pouvez-vous nous présenter les ateliers que vous mènerez avec les lycéens ?
Au même titre que les chefs de cuisine qui étaient invités, j’ai décidé de mener les élèves à leur espace de créativité intérieur. Je vais leur proposer trois musiques et ils devront créer un menu entrée-plat-dessert en corrélation avec ce qu’ils entendent. Ensuite, nous dégusterons ensemble et parlerons des assonances qu’ils auront trouvées, des longueurs en bouche, du dessin dans l’assiette, des rapports entre instruments de musique et éléments de l’assiette… C’est une équipe dynamique de jeunes qui sont extrêmement motivés et qui ont prouvé leur intérêt dans ce projet en se mettant totalement au service des trois soirées, je ne doute pas qu’ils soient captivés par cet exercice.

Quels conseils donneriez-vous à un lycéen qui voudrait s’orienter vers des métiers artistiques ?
Un seul, la curiosité ! Je lui conseillerais d’aller découvrir d’autres arts, de chercher sa créativité et son « enfant intérieur », de mélanger ses plaisirs et de s’amuser avec tout cela pour créer quelque chose de ludique qui ne ressemble surtout à personne d’autre, quelque chose de singulier et qui nous raconte une vraie histoire.

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